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Quand l’ennui au travail impacte la croissance de votre société

public comme au privé, encore plus avec l’essor du télétravail. La perte de sens peut amener les salariés au bore-out ou boredom, une situation de souffrance tout aussi destructrice que son opposé le burn-out.

Et comme le fait d’avouer que l’on s’ennuie alors que l’on est payé n’est pas accepté par la société, les concernés se taisent, altérant ainsi leur santé mentale, ce qui impacte ensuite la croissance de l’entreprise. Découvrez les effets du bore-out, reconnu désormais comme maladie professionnelle, et les méthodes de management pour lutter contre son apparition.

Comment le bore-out naît-il chez les salariés ?

 

Le bore-out est une forme d’épuisement professionnel pouvant être provoqué par différentes causes :

  • ennui au travail : tâches en dessous des qualifications
  • sous-charge ou absence de travail : quelques heures par jour sans activité suffisent
  • poste sans missions définies, qui n’a pas de sens : finalité peu claire (brown out)
  • manque de stimulation intellectuelle : tâches sans intérêt ou ne correspondant pas au poste
  • absence d’évolution professionnelle : pas de formations, pas de nouvelles compétences
  • mise au placard : isolement assimilé à du harcèlement moral
  • manque de reconnaissance de la hiérarchie : perte de confiance en soi
  • changements d’organisation à répétition : les collaborateurs sont perdus
salaire en bore ou nurn out

Chiffres et symptômes du bore-out

Le chiffre en introduction provient d’une étude de l’agence d’intérim Qapa, menée en 2019 auprès de 4,5 millions de salariés français. On y apprend que 60 % des concernés par l’ennui font semblant d’être passionnés par leur activité, hommes et femmes en proportion identique. Près de 70 % arrivent même à le détecter chez leurs collègues.

On pense souvent à tort que ce sont les postes aux tâches répétitives ou peu qualifiées qui entraînent le bore-out. En réalité, ce syndrome touche principalement les jeunes cadres qui veulent se sentir actifs et dont l’ambition n’est pas rassasiée.

Certains symptômes de l’ennui au travail sont assez visibles, comme par exemple le fait de :

  • remettre en cause ses compétences
  • se sentir dévalorisé
  • quitter le bureau plus tôt
  • travailler lentement pour occuper son temps
  • faire des tâches non reliées au travail
  • se désintéresser de l’entreprise et de sa mission

C’est en s’installant dans la durée que l’ennui peut se transformer en bore-out et altérer l’état de santé du salarié.

Les conséquences de l’ennui en entreprise

Parmi les conséquences les plus courantes du bore-out, on retrouve :

  • le stress d’aller au travail
  • le sentiment d’être inutile dans son job
  • la perte d’engagement
  • la fatigue chronique
  • les angoisses
  • le risque de dépression
  • les troubles du sommeil
  • la désociabilisation
  • les conduites addictives
  • le retentissement sur la vie privée
  • l’augmentation des risques de maladie cardiovasculaire (2,5 fois plus élevés selon l’INRS)

Et comme tout prend souvent la forme d’un cercle vicieux, la peur de perdre son emploi empêche souvent les concerné.es d’en parler. La pression sociale interdit de se plaindre alors que l’on a « la chance » d’avoir un travail et un salaire.

Les solutions contre le bore-out du point de vue du management

Rappelons d’abord que le 2 juin 2020, un arrêt de la Cour d’appel de Paris a fait le lien entre bore-out et harcèlement moral en entreprise. Il s’agissait d’une mise à l’écart volontaire de la part de la direction. Le bore-out n’est heureusement pas systématiquement lié à une forme de harcèlement, mais le management a tout intérêt à prendre en considération cet aspect psychologique.

L’organisation du travail : point de départ du bore-out

L’employeur ou l’équipe de direction peuvent adapter le volume de travail en fonction des capacités de chaque salarié. Il ne faut pas avoir peur de responsabiliser vos collaborateurs et de les pousser à sortir de leur zone de confort. Se sentir utile, trouver du sens dans son travail… Beaucoup de salariés sont en demande d’autonomie.

Vous envisagez une modification de l’organisation du travail qui va impacter certains postes ? Réfléchissez avec le salarié comment adapter son activité ou le faire évoluer vers une autre fonction, avec un bilan de compétences ou une formation.

Identifier les risques de bore-out par la prévention

Face au mutisme, le management n’a souvent pas conscience que le collaborateur s’ennuie, car ce dernier peut taire sa situation. Un rendez-vous avec le médecin du travail, apte à détecter les signes du bore-out, peut aider le salarié à prendre conscience du problème et de son origine. Le médecin peut ensuite vous en parler, ce qui vous permettra d’aborder le sujet avec vos collaborateurs.

Maintenir l’employabilité des salariés dans votre société

La peur d’être remplacé par des gens plus jeunes ou disposant de compétences mieux adaptées au monde digital participe aussi au mutisme des salariés. En leur proposant des opportunités de progresser grâce à la formation-action, vous faites d’une pierre deux coups : vos collaborateurs se forment à de nouvelles compétences qui leur permettront de mieux répondre aux défis de votre entreprise. Ce qui aidera vos salariés à se sentir utiles, et donc à trouver du sens dans leur travail.